New York : Le Maroc prône une gestion responsable des détroits maritimes et appelle à un code de conduite international

New York : Le Maroc prône une gestion responsable des détroits maritimes et appelle à un code de conduite international

Lors d’une réunion organisée par le Royaume de Bahreïn à New York sur le thème « Mers sûres, sécurité commune : protéger la liberté de navigation dans un environnement sécuritaire en mutation », le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a mis en avant le rôle crucial du Maroc. Il a rappelé que le Royaume n’est pas seulement un État côtier, mais un acteur assumant une responsabilité directe dans la gestion et la sécurité du détroit de Gibraltar, l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde.

Dans ce contexte, le ministre a souligné le volume intense du trafic maritime dans cette zone, avec environ 100 000 navires y transitant chaque année. Cela représente une moyenne de 300 navires par jour, soit quasiment un passage toutes les cinq minutes. Il a précisé que la navigation dans le détroit de Gibraltar dépasse de cinq fois le trafic du canal de Suez, onze fois celui du canal de Panama, et s’approche du triple de la densité enregistrée dans le détroit d’Ormuz.

Le ministre a affirmé avec force que le Maroc ne perçoit pas sa position géographique comme un privilège, ni comme un outil de pression ou de chantage. Au contraire, il la considère comme une responsabilité internationale et un levier au service de la coopération, de la stabilité et du développement à l’échelle mondiale.

Partant de ce constat, Nasser Bourita a lancé, devant les participants, un appel pour la réflexion sur l’élaboration d’un code de conduite international dédié à la liberté de navigation. L’objectif est de garantir que les passages maritimes internationaux demeurent des espaces ouverts, sécurisés et stables.

À cet effet, M. Bourita a proposé que le Maroc accueille un forum international, en coordination avec le Royaume de Bahreïn. Cette initiative vise à renforcer l’engagement envers les règles du droit international, à favoriser l’échange des meilleures pratiques, et à réduire la polarisation entre ceux qui revendiquent une propriété sur ces passages stratégiques et ceux qui cherchent à les exploiter à des fins de chantage.

Enfin, le ministre a souligné que les mers et les océans constituent une infrastructure mondiale essentielle. Malgré leur importance capitale, ces espaces restent fragiles, ce qui les expose aux convoitises et aux manœuvres malveillantes.