À l’approche des scrutins, tandis que le rythme des rencontres directes, des tournées sur le terrain dans les quartiers et villages, ainsi que la distribution de tracts et d’affiches — piliers traditionnels de la communication politique — s’intensifie, certains candidats ont choisi de miser sur une présence numérique constante via une activité soutenue sur les réseaux sociaux.
Certains candidats ne se contentent plus des contenus numériques classiques. Ils ont adopté de nouveaux formats tels que les « Reels » et les « Shorts » pour enregistrer de brèves interventions destinées aux électeurs de leur circonscription. Ces contenus sont même diffusés sous forme de publicités ciblées, atteignant les internautes en fonction de leur adresse IP au sein de la zone géographique visée.
Si les outils numériques permettent désormais aux candidats de s’inviter directement sur les écrans des smartphones des électeurs sans effort majeur, une innovation marquante est apparue à Tanger. Un jeune candidat, déjà expérimenté dans les élections communales et en lice pour les législatives, a décidé d’intégrer l’intelligence artificielle pour mener une campagne interactive, alliant « réalité et réseaux ».
Les affiches de ce candidat, distribuées lors de ses tournées, comportent un code QR. Une fois scanné, celui-ci permet aux citoyens d’accéder à une version numérique du candidat : un avatar dopé à l’intelligence artificielle servant d’interface de communication interactive.
Dans une vidéo présentant cet outil innovant, le candidat souligne que cette version numérique est capable de répondre aux interrogations et aux attentes des citoyens de sa circonscription, tout en détaillant son programme dans divers secteurs. Il affirme ainsi mener « la première campagne électorale soutenue par l’intelligence artificielle ».
Contrairement aux tournées sur le terrain, qui exigent une mobilisation importante, une présence physique constante et une interaction soutenue de la part des militants des partis concurrents et des partisans, à Tanger, Asilah ou dans les communes rurales, l’utilisation des réseaux sociaux et de l’IA permet une communication continue sur plusieurs « fronts » simultanément.
Lors des précédents scrutins, les partisans frappaient aux portes, serraient des mains et débattaient des programmes tout en distribuant de la documentation pour convaincre les électeurs des engagements du parti. Aujourd’hui, les technologies numériques ont insufflé une dynamique nouvelle : interaction constante, coûts réduits, méthodes de persuasion diversifiées et contenus renouvelés caractérisent ces campagnes modernes.
Désormais, la distance entre le candidat et l’électeur ne se mesure plus seulement au nombre de tournées sur le terrain, mais également au nombre d’écrans atteints.
Il est certain que la technologie moderne n’aura pas seulement un impact sur les outils électoraux, mais transformera également la nature de la relation entre le candidat et l’électeur. Si les réseaux sociaux, les chatbots et l’IA permettent d’élargir le cercle des électeurs et d’accélérer l’interaction, le défi majeur de cette campagne numérique reste de convertir cet engagement virtuel en suffrages réels dans l’urne.