Soufisme et traditions mystiques : Béni Mellal accueille un colloque international les 25 et 26 novembre 2026
La Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Béni Mellal, relevant de l’Université Sultan Moulay Slimane, accueillera les 25 et 26 novembre 2026 le colloque international « Le soufisme et les traditions mystiques : Formes, langages et interprétations en perspective ». Les travaux se tiendront dans la Salle de Conférences de la Faculté et réuniront des enseignants-chercheurs, des doctorants et de jeunes chercheurs venus du Maroc et de l’étranger.
Organisé par le Laboratoire de Recherches Appliquées sur la Littérature, la Langue, l’Art et les Représentations Culturelles (LRALLARC), en partenariat avec la Fondation Mohammad Bassir pour la Recherche, les Études et les Médias, le Centre National pour la Recherche Scientifique et Technique (CNRST) et l’Association Eurêka pour les Recherches et les Études sur la Langue, la Littérature et l’Identité (AERELLI), ce rendez-vous scientifique propose une approche pluridisciplinaire du soufisme et des traditions mystiques.
Le professeur Mounir Oussikoum, coordinateur général du colloque, présente un programme structuré autour de deux parcours parallèles et complémentaires, déployés durant les deux journées : d’une part, des sessions plénières réunissant enseignants-chercheurs et spécialistes ; d’autre part, un Panel d’Excellence Doctorale et Jeunes Chercheurs, offrant aux doctorants et aux jeunes chercheurs un espace de présentation, de discussion et d’échange scientifique.
Le soufisme, de l’expérience aux langages de l’interprétation
Le colloque se distingue par la diversité des approches mobilisées. Le soufisme n’y est pas envisagé sous ses seules dimensions religieuse et historique, mais au croisement de la littérature, du langage, de l’herméneutique, de la sémiotique, de la traduction, des arts, des études culturelles et du patrimoine.
Les sept panels des sessions plénières explorent différentes dimensions de l’expérience soufie : les formes de l’ineffable et leur expression textuelle, les héritages d’Ibn ʿArabî et leurs réécritures contemporaines, le lexique et la polysémie du discours soufi, les rapports entre énonciation, corps et expérience mystique, l’exégèse et les géographies du sacré, les traditions ʿirfāniyya et l’héritage confrérique marocain, ainsi que les résonances du soufisme dans différentes littératures et cultures.
Les problématiques retenues convoquent plusieurs grandes figures de la pensée mystique, parmi lesquelles Ibn ʿArabî, Aḥmad Ibn ʿAǧība, Abderrahmane El Mejdoub et Ahmad Zarruq. Le programme s’intéresse également aux manifestations du soufisme dans les œuvres littéraires modernes et contemporaines, notamment chez Abdelwahab Meddeb, Mohamed Leftah et Elif Shafak, tout en ouvrant la réflexion à la calligraphie, aux arts, à la mémoire, à la traduction et aux échanges interculturels.
Le panel « Le soufisme dans ses sources : traditions ʿirfāniyya, maqâmât et héritage confrérique marocain » abordera plus particulièrement les traditions mystiques chez les soufis marocains, les rapports entre sens apparent et sens caché dans l’exégèse spirituelle, les maqâmât et les états spirituels, ainsi que les relations entre fiqh et soufisme.
La dimension internationale de la rencontre se traduit par la participation de chercheurs issus d’institutions universitaires et scientifiques du Maroc, de France, de Tunisie, du Burkina Faso et du Sénégal, aux côtés de nombreux enseignants-chercheurs de l’Université Sultan Moulay Slimane et d’autres établissements universitaires marocains.
Une place dédiée à l’Excellence Doctorale et aux Jeunes Chercheurs
Le programme accorde une place spécifique à la recherche doctorale à travers le Panel d’Excellence Doctorale et Jeunes Chercheurs, organisé en parallèle des sessions plénières.
Lors de la première journée, les jeunes chercheurs s’intéresseront au lexique de l’ineffable, à la sémantique cognitive, à la métaphore conceptuelle et aux schèmes incarnés du discours soufi. Un autre axe sera consacré à la traduction et à la transmission autour d’une interrogation centrale : comment traduire le secret, préserver la mémoire et transmettre une expérience mystique d’une langue à une autre ?
La deuxième journée élargira le champ de réflexion à Abderrahmane El Mejdoub et à la sagesse vernaculaire du soufisme marocain, au ta’wîl, aux topographies du sacré et aux conflits d’interprétation, avant d’explorer l’expérience soufie dans l’écriture romanesque ainsi que les rapports entre corps, image, cinéma et sacralisation de la parole.
Ce dispositif favorise ainsi la rencontre entre chercheurs confirmés, doctorants et jeunes chercheurs, et inscrit la formation à la recherche au sein même de la dynamique scientifique du colloque.
Formes, langages et interprétations en perspective
À travers son intitulé, le colloque met l’accent sur la pluralité des manières de dire, de représenter et d’interpréter l’expérience mystique. Les contributions interrogent les rapports entre le dicible et l’indicible, l’apparent et le caché, le texte et son interprétation, le visible et l’invisible, le corps et l’expérience spirituelle.
Une question traverse plusieurs axes de la rencontre : comment le langage peut-il exprimer une expérience qui semble, par certains de ses aspects, dépasser les limites du dicible ? Et comment l’expérience mystique devient-elle texte, symbole, image, mémoire et patrimoine, susceptibles d’être interprétés et réinterprétés ?
Le colloque s’achèvera le jeudi 26 novembre 2026 par une cérémonie de clôture comprenant la lecture des recommandations et la remise des attestations.
Par la diversité de ses axes, des disciplines mobilisées et des appartenances académiques et géographiques de ses participants, cette rencontre envisagera le soufisme et les traditions mystiques à la fois comme un héritage et comme un champ contemporain de recherche où se rencontrent littérature, langage, art, mémoire, spiritualité et interprétation.