Croissance/Emploi : la Banque mondiale met en avant le rôle crucial du secteur privé au Maroc

Croissance/Emploi : la Banque mondiale met en avant le rôle crucial du secteur privé au Maroc

 

Le secteur privé joue un rôle crucial dans l’économie marocaine, notamment en matière d’accélération de la croissance et de la promotion de la création d’emplois au profit des jeunes et des femmes, a souligné la Banque Mondiale dans deux récents rapports, présentés mardi à Rabat, lors d’une conférence consacrée à la croissance, à l’emploi et aux opportunités d’investissement privé Maroc.

Ces rapports mettent l’accent sur l’importance de renforcer l’environnement des affaires et de déployer des réformes ciblées pour stimuler l’investissement privé et convertir le potentiel économique du Royaume en opportunités concrètes.

Dans la même lignée, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a fait savoir que les deux rapports apportent un éclairage structurant sur les leviers à activer pour accélérer la croissance et renforcer la création d’emplois productifs au Maroc.

Issus d’un travail de concertation avec plusieurs parties prenantes nationales, ces documents offrent une hiérarchisation des priorités et une analyse approfondie des contraintes et opportunités de l’économie nationale, constituant ainsi une base de réflexion appelée à être articulée avec les réformes déjà engagées.

S’inscrivant dans une dynamique de dialogue et de co-construction, ces travaux viennent nourrir la réflexion stratégique du Royaume, notamment en matière de transformation économique et d’efficacité des politiques publiques.

Mme Fettah a estimé que l’action publique devrait, dans ce cadre, assumer un rôle à la fois de stratège, de réformateur et de facilitateur, en accompagnant le secteur privé, tout en créant les conditions propices à son essor.

Elle a également jugé nécessaire un environnement des affaires plus lisible, prévisible et efficient, en ligne avec l’objectif de porter à deux tiers la part du secteur privé dans l’investissement à l’horizon 2035.

Par ailleurs, la ministre a insisté sur le rôle central du capital humain dans cette transformation, relevant que les enjeux liés à l’éducation, à la formation et à l’employabilité figurent au cœur des priorités nationales.

La feuille de route pour l’emploi, a-t-elle rappelé, accorde une attention particulière à l’inclusion des jeunes et des femmes, à l’accompagnement des transitions professionnelles, ainsi qu’à la résilience de l’emploi, notamment dans le secteur agricole confronté aux aléas climatiques, ces dimensions constituant de véritables moteurs de croissance.

De son côté, le directeur de Division pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale, Ahmadou Moustapha Ndiaye, a expliqué que ces rapports constituent des outils analytiques complémentaires destinés à éclairer les défis structurels de l’économie marocaine et à accompagner le Royaume dans la concrétisation de ses ambitions de développement.

S’appuyant sur des données inédites et des méthodes analytiques avancées, tout en reposant sur une démarche de co-construction avec les institutions nationales, ils proposent un regard renouvelé sur les dynamiques économiques.

M. Ndiaye a détaillé que le premier rapport, dédié à la croissance et à l’emploi, offre une lecture globale des moteurs économiques et des contraintes freinant la transformation productive, tandis que le second, axé sur le secteur privé, identifie les obstacles à l’investissement dans des filières à fort potentiel et avance des pistes de réformes concrètes.

Pour sa part, le directeur de la Division pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique à IFC (International Finance Corporation / Société financière internationale), Cheick Oumar Sylla, a relevé les progrès notables accomplis par le Maroc en matière de stabilité macroéconomique, d’infrastructures et de diversification économique, positionnant le Royaume comme un acteur de référence à l’échelle régionale et continentale.

Il a estimé que ces acquis devraient désormais se traduire par une création d’emplois plus soutenue et de meilleure qualité, notamment pour les jeunes et les femmes, plaidant pour un renforcement du rôle du secteur privé, lequel est appelé à devenir le principal moteur de création d’emplois, à travers la levée des contraintes à l’investissement et l’amélioration de l’environnement des affaires.

Ces deux analyses, consacrées à la croissance et à l’emploi ainsi qu’au développement du secteur privé, mettent en évidence la nécessité d’approfondir la concurrence, de lever les contraintes à l’investissement et de renforcer l’inclusion économique, notamment des femmes et des jeunes.

Elles identifient également plusieurs secteurs à fort potentiel, tels que l’énergie solaire décentralisée, le textile bas-carbone, les cosmétiques à base d’argan et l’aquaculture marine, où des réformes ciblées pourraient mobiliser jusqu’à 7,4 milliards de dollars d’investissements privés et soutenir la création de plus de 166.000 emplois à moyen terme, contribuant ainsi à une croissance plus inclusive et durable.