Élections du 23 septembre : les programmes électoraux appelés à gagner en réalisme
Dans une déclaration à l’Agence Marocaine de Presse (MAP), M. Chiat a mis en exergue le rôle crucial des programmes électoraux. Selon l’universitaire, ces documents constituent un outil de communication essentiel pour transmettre la vision, la méthodologie et l’idéologie des partis aux citoyens. Il a précisé que ces programmes reflètent les orientations stratégiques des formations politiques sur des secteurs vitaux, qu’ils soient économiques, sociaux ou culturels, qui sont au cœur de l’action gouvernementale.
L’expert a ajouté que ces documents ne servent pas uniquement à guider les électeurs et les observateurs des politiques publiques, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé. Ils forment également le socle fondamental pour l’élaboration du futur programme gouvernemental, qui résulte généralement d’une concertation et d’une complémentarité entre les programmes des différentes formations politiques parvenant à constituer une coalition et une majorité.
Analysant les offres politiques présentées lors de ce scrutin, l’universitaire a relevé une concentration sur des « conceptions générales et globales ». Il a ainsi plaidé pour l’enrichissement de ces programmes par des précisions chiffrées et des indicateurs clairs, détaillant les mécanismes et le coût de mise en œuvre de leurs dispositions sur le terrain. Il a néanmoins salué l’initiative de certains partis ayant pris le soin d’estimer le coût financier de plusieurs de leurs chantiers sociaux.
M. Chiat a souligné que l’ambition élevée portée par ces programmes tend à hausser le niveau des attentes sociétales. À ses yeux, cela impose, lors de la rédaction des engagements électoraux, de prendre en considération les contraintes financières et les équilibres macro-économiques de l’État, particulièrement pour les mesures liées à la révision des salaires ou à la réforme du système fiscal, afin de garantir un équilibre réaliste entre les promesses et les capacités d’exécution.
Enfin, l’universitaire a conclu en notant une « convergence notable » dans les référentiels intellectuels des partis sur la scène politique actuelle. Il estime que les instances politiques se concentrent désormais davantage sur l’apport de réponses pratiques aux mêmes problématiques de développement, ce qui a favorisé un recul des clivages idéologiques classiques au profit d’une approche pragmatique, orientée vers la gestion et la recherche de solutions.